Ghana :

Au Ghana, subsiste une pratique, théoriquement en voie de disparition, mais qui, dans la réalité, fait encore plusieurs dizaines de victimes par an dans le sud du pays.
On croit pouvoir racheter les fautes des hommes de la famille en enfermant les jeunes filles, baptisées trokosis, dans une sorte de monastère d’où la plupart ne ressortiront plus jamais, traitées comme de véritables esclaves par l’institution, qui ne les lâche plus et les contraint à travailler dans les champs de la communauté.

Côte d’Ivoire :

Entre le Mali et la Côte d’Ivoire, une véritable traite conduit de jeunes garçons sur les plantations ivoiriennes.
Enfants de familles pauvres, ils sont confiés dans un premier temps à des marabouts qui leur enseignent théoriquement l’islam, mais qui, en réalité, les emploient comme domestiques avant de les revendre à l’issue d’une ou deux années d’études.
Des passeurs les conduisent en camion par des pistes secondaires qui franchissent la frontière vers Korhogo, puis se dirigent sur Bouaké.
À leur arrivée, ces “livrés, payés” doivent un an de travail gratuit pour rembourser le voyage.

Soumis à un véritable régime carcéral, ils subissent les pires traitements.

Les chefs d’équipe n’hésitent pas à les lacérer de coups de fouets lorsqu’ils renâclent à porter les sacs de 60 kilos, et il est presque impensable de quitter les plantations surveillées par des gardes.
Ceux qui, par miracle, réussissent à s’évader et sont recueillis dans les orphelinats de Sikasso, montrent leurs dos bardés de cicatrices.
Il en coûte 25 000 francs CFA pour acheter l’un de ces jeunes.

Actuellement, ils seraient environ 15 000 à subir cette déportation.
Évidemment, un tel trafic n’existerait pas sans la complicité de la police.
D’autres réseaux de traite d’enfants, liés au tourisme sexuel, opèrent depuis le Togo en direction du Ghana, de la Côte d’Ivoire, et du Burkina Faso.
Tant que n’existera aucune volonté politique capable de coordonner une action interrégionale, les mouvements transfrontaliers de ces gangs les laisseront à l’abri des poursuites.
Du Bénin vers le Gabon, un autre trafic concerne les fillettes, âgées souvent de moins de dix ans, que l’on destine à devenir domestiques dans les familles bourgeoises de ce pays.

“Les intermédiaires chargés de trouver des enfants et de régulariser les pièces d’état-civile, qui sont en général de faux papiers, ne pourraient pas opérer s’ils ne bénéficiaient pas de la complicité des autorités administratives.
Ces filles sont placées dans des foyers comme domestiques, totalement coupées de leurs familles et de leurs pays.
Lorsqu’ils sont payés, ces enfants reçoivent un pécule inférieur au salaire minimum ; injuriés et brutalisés, ils sont totalement à la merci de leur employeur.
Dans d’autres cas, les enfants (surtout les garçons) sont revendus à des exploitants agricoles ou à des commerçants pour un salaire de misère et doivent travailler dans des conditions extrêmement difficiles.
Les différents témoignages ont révélé une certaine inquiétude devant l’ampleur et l’augmentation de ce trafic.
Domestiques ou travailleurs agricoles, ces enfants, placés dans un premier temps dans des foyers, ne peuvent plus communiquer avec leurs familles.
Ensuite, vendus et revendus, ils passent de main en main et n’ont que peu de chances de pouvoir un jour rentrer chez eux”, un rapport écrit par la journaliste française “Audrey Crespo-Mara”.
Audrey Crespo-Mara, l’épouse de l’animateur français, Thierry Ardisson, veut à tout prix mettre fin à la traite des enfants (les pires formes de travail).
C’est pourquoi, elle a pensé à organiser un atelier de formation sur la lutte contre la traite des petits enfants.
Ce phénomène est un fléau qui freine entre autres, l’amélioration des droits des enfants.