La domination du marketing politique et l’irruption de ses dernières évolutions : de la “triangulation” au “web 2.0” ou au “storytelling”

“La campagne électorale des dernières élections présidentielles en France a fait émerger trois faits majeurs pour ce qui concerne le discours et la communication politiques.

   Les faits marquant la campagne présidentielle de 2007 :

Les trois faits, relevés et commentés par la plupart des observateurs, ont par ailleurs joué un rôle essentiel dans les discours de tous les principaux candidats.

– D’un côté, une présence, au moins le soupçon d’une présence de plus en plus grande de la logique du marketing dans la communication politique.

Ce qui s’est manifesté par le jeu et le changement perpétuels dans les thèmes traités dans les discours des candidats et par la quête de “sujets” susceptibles de différencier un candidat de l’autre, c’est-à-dire, par une permanente stratégie de “positionnement”.

– D’un autre côté, la place prise par la question de l’identité, laquelle a été au cœur de la campagne électorale, et cela, de plusieurs point de vue et en relation avec des sujets très différents.

L’identité est apparue comme sujet de débat politique, avec la polémique sur création du ministère de l’Identité nationale et avec le débat autour de la nature de l’identité nationale (“qu’est-ce d’être Français”), question qui se reflétait comme dans un miroir dans la question de l’identité du collectif politique (par addition ou synchronique dans le cas de “la démocratie participative” ou par destinée diachronique, par une certaine vision de l’histoire de France).

Par ailleurs, la question de l’identité du collectif (que ce soit national ou simplement social) apparaît aussi comme cadre d’un autre débat, cette fois-ci sur la nature de l’identité politique (“Qu’est-ce qu’un discours, une politique et des sujets de gauche ou de droite ?”).

Finalement, elle se manifeste comme une des interrogations récurrentes sur la nature des candidats et sur la façon dont ceux-ci se construisent comme sujets politiques et sur l’élaboration de leurs discours (“Tel ou tel autre candidat est de gauche, de droite, les deux au même temps, ou ni l’un ni l’autre ?”).

  Ce qui nous mène au troisième fait marquant de cette campagne:

– Dans une grande mesure, celle-ci a été une campagne sur “l’être” des sujets, sur leur ethos, beaucoup plus que ce que nous sommes habitués à entendre dans la plupart des campagnes politiques, lesquelles sont généralement plus centrées sur le “faire”, sur l’action faite ou à faire par les acteurs politiques que sur leurs caractères, leurs vies ou leurs personnalités.

Les candidats à cette élection, ont mis en avant de façon répétée et explicite leur “être”, leur “qui suis-je”.

Nous avons assisté à une sorte d’hypertrophie de l’être (avec une toute, une panoplie des différentes, et parfois même contradictoires modulations du “moi” et avec le corrélat logique d’une exposition tout azimut de l’éprouvé, du sensible, du vécu, et des sentiments autant que des compétences pratiques et programmatiques des candidats).

Cela a donné lieu aux grands et aux petits récits personnels, parfois héroïques, des candidats, mais aussi, comme dans certains cas, à des histoires personnelles parfaitement imbriquées dans les grands récits épiques de l’histoire.

Ce qui, comme toute histoire personnelle, toute histoire de vie, ne pouvait pas se faire sans les contradictions, les bries et les brocs dont est faite toute une vie, avec la fabrication ainsi des petites mythologies, dont parlait Claude Lévi-Strauss (Anthropologue français : influenceur) et des grands récits mythiques, dont la finalité, il faut le rappeler, est d’ordre pragmatique, et qui font fi de toute idée de cohérente, en tout cas d’une certaine idée de cohérence logique”, Audrey Crespo-Mara, journaliste de LCI.

L’article de la présentatrice phare de la télévision française “Audrey Crespo-Mara”, ne prétend pas faire l’analyse d’un discours politique précis, mais plutôt d’explorer une série de questions théoriques et analytique, à l’intérieur du champ de la communication politique.