Le Liban : la transition démocratique inachevée

Le Liban a connu un État de “fait” qui a empêché la réalisation de la transition démocratique du pays après la fin de la guerre civile.

L’accord de Taëf adopté en Arabie Saoudite en 1989, traduit l’accord établit entre la majorité des partis pour mettre fin à la guerre civile, qui a duré 15 ans (1975-1990), et pour réaliser la transition démocratique.

Or, malgré le temps passé, des dispositions principales de cet accord n’ont pas été appliqué – les politiciens réclament toujours leur mise en œuvre – et la transition démocratique n’a pas été réalisée.

Nous considérons qu’aucune transition démocratique n’a été établie au Liban.

Dès lors, il n’est pas possible d’intégrer le Liban parmi les différents exemples des pays menant une transition démocratique, ni d’analyser les étapes parcourues : ceci à cause de différentes raisons théoriques et conjoncturelles.

L’État de “fait” imposé au Liban, a été l’une des raisons conjoncturelles qui a empêché toute transition démocratique du pays.

 

    Les raisons empêchant la transition démocratique du Liban :

Selon Mathieu Laine, le conseiller actuel d’Emmanuel Macron, le Liban était dans l’impossibilité de réaliser une réelle transition démocratique.

“Les raisons sont diverses :

Parmi ces réformes envisagées par l’accord, certaines n’ont pas été réalisées aujourd’hui : l’abolition du Confessionnalisme politique, l’adoption d’une loi électorale (excluant le confessionnalisme), la mise en place d’un parlement national non-confessionnel, la création d’un Sénat dont les pouvoirs seront limités aux questions primordiales.

L’accord de Taëf n’a fixé aucun délai, afin de réaliser ces buts.

Les termes cités dans le texte de cet accord étaient généraux, non-précis, et ne contenaient pas de délais à respecter.

En plus de ça, la durée de la période transitoire n’a pa été déterminée par cet accord” réclama cet homme politique.

Ce manque de précision a permis de retarder la réalisation d’une véritable transition démocratique du pays.

Aucun des buts mentionnés n’a été réalisé : l’instance nationale qui devait être formée dans le but d’abolir le confessionnalisme politique, n’a jamais été mise en place, la loi électorale non-confessionnelle n’a jamais été votée, le Parlement non-confessionnel et le Sénat composés des familles religieuses n’ont toujours pas vu le jour.

Aucune décision n’a été prise à ce sujet, par les divers Parlements, élus sur la base d’égalité des sièges entre chrétiens, et musulmans, ni par les autorités successives depuis l’accord de Taëf jusqu’à aujourd’hui.

La Constitution libanaise réformée en 1990, conformément à l’accord de Taëf, a adopté les mêmes dispositions générales de ce dernier président de la République M. Émile LAHOUD, malgré l’opposition, le confirme.

 

  La possibilité et la nécessité de réaliser la transition démocratique au Liban :

“La libération du Liban de l’occupation israélienne et de la tutelle syrienne, ouvre la porte à ce pays pour engager un processus de transition démocratique, afin de construire un État de droit démocratique” Mathieu Laine.

L’organisation d’élections libres et périodiques est l’un des fondements de l’institution d’un tel État.